La ville frontalière de Kasumbalesa est, une nouvelle fois secouée par des scènes de violence extrême, après que 2 présumés voleurs ont été brûlés vifs dans la nuit du 16 au 17 novembre 2025.
Ces actes, commis en pleine rue, témoignent d’un inquiétant enracinement de la justice populaire dans cette cité pourtant stratégique pour les échanges entre la RDC et la Zambie.
Dans les quartiers Hewa Bora et Sous-Station, où se sont déroulés les deux drames, la population affirme avoir agi par exaspération face à une insécurité grandissante. Les habitants, souvent confrontés à des vols récurrents, estiment que les interventions des forces de l’ordre restent insuffisantes pour dissuader les malfaiteurs. Mais la brutalité de la réaction suscite de vifs débats quant aux dérives qu’elle engendre.
« Nous sommes fatigués. Chaque semaine, quelqu’un se fait voler. On appelle la police, mais elle arrive tard ou ne vient pas du tout. Les jeunes du quartier ont fini par perdre patience », déclare Marie Ntumba, habitante de Hewa Bora.
Ces exécutions sommaires viennent rappeler une réalité préoccupante : la montée d’un sentiment d’abandon qui pousse certains habitants à se substituer à la justice officielle.
Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent des pratiques qui, au-delà de la barbarie, empêchent toute enquête sérieuse et fragilisent davantage l’État de droit. Elles rappellent que, même en période de tension, nul ne peut se faire juge et bourreau.
La police, de son côté, annonce un renforcement des patrouilles nocturnes et appelle les habitants à privilégier la collaboration plutôt que la vengeance.
Patrick Kasongo



