Affaire Stanis Bujakera: RSF et Jeune afrique manifestent devant l’ambassade de la RDC en France pour exiger la libération du journaliste

Reporters sans frontières (RSF) et le magazine Jeune Afrique dont Stanis Bujakera est correspondant à Kinshasa, ont manifesté ce vendredi 15 mars 2024 devant l’ambassade de la République Démocratique du Congo en France, pour exiger la libération du journaliste.

C’est avec un message “Stanis Bujakera, ce journaliste qui risque 20 ans de prison” affiché en grand sur le camion publicitaire stationné par Reporters sans frontières devant l’ambassade de la RDC en France, qu’une cinquantaine des membres de cette organisation internationale de défense des journalistes et ceux de Jeune Afrique ont exigé la libération du journaliste Stanis Bujakera, détenu à Kinshasa depuis des mois.

Le Responsable du Bureau investigation de RSF, Arnaud Froger estime que les éléments sur lesquels s’est basé l’accusation ne sont que “les mensonges” qui d’ailleurs ont été démontrés durant ce long procès.

“Après cinq mois de procès durant lesquels les mensonges de l’accusation ont été dévoilés au grand jour, les réquisitions ahurissantes contre le journaliste Stanis Bujakera ont de quoi nous inquiéter. Si le tribunal venait à les suivre, cette condamnation serait tout simplement l’une des plus lourdes jamais prononcées contre un journaliste en Afrique centrale depuis le début du siècle. Désormais, seule une relaxe pure et simple constituerait une porte de sortie honorable pour la justice congolaise dans cette affaire”, a-t-il fait savoir.

Marwane Ben Yahmed,
Directeur de publication de Jeune Afrique quant à lui, reste tout de même confiant sur l’acquittement pur et simple du journaliste, malgré ses préoccupations sur la façon dont les enquêtes et le procès se sont déroulés.

“Nous espérons encore que le droit sera dit, mais nous sommes très préoccupés par la manière dont l’enquête et le procès ont été menés. Le ministère public n’a pu apporter aucune preuve de la culpabilité de Stanis Bujakera Tshiamala, le dossier est vide, les experts sollicités ont eux-mêmes conclu que notre journaliste n’avait pas pu être le premier diffuseur de ce document qu’il est accusé d’avoir fabriqué… Rien ne tient dans cette affaire et pourtant, une peine extrêmement lourde a été requise contre Stanis”, a-t-il déclaré.

Rappelons que le journaliste Stanis Bujakera est accusé d’ “avoir fabriqué et diffusé” une note de l’Agence nationale du renseignement (ANR) incriminant les renseignements militaires dans l’assassinat d’un porte-parole de Ensemble pour la république, Chérubin Okende, dont, après plusieurs mois d’enquêtes, le procureur général près la Cour de cassation en a conclu à un suicide.

Cependant, lors de l’audience du vendredi 8 mars, le procureur a requis 20 ans de prison contre le journaliste Stanis Bujakera pour les faits repris ci-hauts dont il est accusé. Les avocats du journaliste avaient quant à eux demandé l’acquittement pur et simple du journaliste. Le tribunal devra rendre sa décision d’ici au 20 mars.

Patrick Matanga

Partager

Votre marque mérite une visibilité

Mettre votre publicité ici (365 x 270 px)
Derniers articles
Catégories

Restez connecté

Rejoignez notre newsletters pour être informé de toutes nos publications.