Conflit Teke et Yaka : L’évêque de Kenge fustige le silence des autorités congolaises face aux violences enregistrées à Kwamouth

L’évêque du diocèse de Kenge, monseigneur Jean-Pierre Kwambamba a fustigé le silence des autorités du pays sur les violences qui sévissent au territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-ndombe, qui se trouve être une partie de son diocèse.

Dans son homélie du dimanche 25 septembre 2022 à la cathédrale Mwense Anuarite à Kenge, à l’occasion de la messe d’ordinations diaconales, l’évêque de Kenge est revenu sur les violences ayant occasionné plusieurs morts au territoire de Kwamouth, notamment en fustigeant le silence du gouvernement congolais et en exprimant sa peine au regard ce qu’ont subi, les populations qui ont vécu ces atrocités perpétrées suite au conflit communautaire entre Teke et Yaka.

« (…) Comme Jésus face à Pilate, les gens de Kwamouth se demandent, si j’ai mal fait, il aurait fallu me dire, mais si je n’ai rien fait pourquoi me frappes-tu?. Qu’est ce que les gens de Kwamouth ont fait ? Qu’est ce que ces femmes enceintes ont fait? Qu’est ce que ces enfants qui traversent des centaines de Kilomètres à pied pour se sauver ont fait ? Qu’est ce que ces femmes avec fardeaux sur la tête ont fait ? » s’est-il demandé.

L’évêque du diocèse de Kenge avait toutefois invité quelques chefs coutumiers Teke et Yaka à prendre part à ladite messe. Durant le culte, le prélat catholique a interpellé ces chefs coutumiers sur certaines pratiques qui sont opérées par ces assaillants au Kwamouth, qui pour lui ne se font dans le Grand Bandundu.

« (…) Dans les réseaux sociaux, beaucoup de choses ont été dites sur vous. On a vu des pratiques qui ne sont pas de chez nous. Le recours à la machette, ce n’est pas notre modèle de règlement de différends. Chez nous, on a toujours recouru à l’arbre à palabre », a-t-il dit.

Dans la soirée du même dimanche, les chefs coutumiers de deux côtés (Teke et Yaka) se sont réunis autour de l’évêque, monseigneur Jean-Pierre Kwambamba et de l’ancien premier ministre Adolph Muzito, afin de discuter sur le retour de la paix dans le Kwamouth.

Les violences communautaires au territoire de Kwamouth ont fait plus de 150 morts, des centaines des maisons incendiées et ont occasionné le déplacement massif des populations, plus de 15.000 au Kwilu et plus de 18 000 au Kwango. Le week-end dernier, les présumés Yaka sont entrés au territoire de Bagata, dans la province du Kwilu où ils ont tué le chef du village Bukusu et autres personnes et incendié plusieurs maisons. Les dernières nouvelles du coin font état de 8 personnes, auteurs de ces violences aux arrêts à fatundu, au territoire de Bagata, dans la province du Kwilu.

Patrick Matanga