Kwamouth : Plus de 90 morts dont 5 militaires dans de nouveaux affrontements Teke et Yaka à Engweme et Bishala (société civile)

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Plus de 90 personnes ont perdu la vie dans de nouveaux affrontements le mardi 20 septembre 2022 entre les communautés Teke et Yaka dans le territoire de Kwamouth, dans la province de Maï-ndombe.

D’après le président de la société civile de Maï-ndombe, Fidèle LIZORINGO, parmi les personnes tuées figurent 5 militaires et un chef coutumier Teke.

« (…) il y a eu un bilan total de plus de 90 personnes, précisément au village Engweme, il y a eu plus de 70 morts dont 25 Teke y compris le chef coutumier et 45 Yaka, dont 5 militaires et à Bisiala une vingtaine des personnes mortes« , a-t-il fait savoir

Suite à la gravité des faits tels que vécus et la façon dont sont commis ces actes de barbarie, cet acteur de la société civile redoute qu’il y ait des infiltrés parmi ces communautés (Teke et Yaka) en conflit

« (…) nous sommes en train de croire que dans ces deux communautés ou dans l’une d’elles, il y a des infiltrés, parce que leur mode opératoire est pareil à celui de l’Est. A l’arrivée de chaque village, ils doivent d’abord viser, tuer et décapiter le chef coutumier et leurs notables. Ils sont en train d’éliminer nos traces de ces vielles bibliothèques, pour quelles raisons, on ne sait pas« , s’est-il interrogé

Et de poursuivre: « Nous demandons à ce que les militaires qui sont au niveau de ces zones à conflit, ‘puissent d’abord chercher à arrêter des infiltrés et après, les autres autorités civiles peuvent venir pour la concertation ou soit pour réconcilier les deux communautés, sans quoi, il n’y aura pas de solution sur le fait que tous ces gens-là ont une main noire », a-t-il ajouté

De son côté, le député national élu de Kwamouth Guy Musomo indique que les « assaillants » qui ont attaqué le village Bisiala sur la nationale n°17 se prepareraient à attaquer le village camp banku, toujours sur la nationale n°17, à 25 kilomètres de la ville de Bandundu

Pour lui, il y aurait une main noire derrière cette situation, vue l’organisation et la façon d’attaquer de cette milice.

« (…) A mon avis, ces assaillants là, travaillent en petits groupes et ils sont cantonnés dans de petites fermes. Certainement, ils ont eu le signal d’une main noire, ils les ont très bien organisé pour commettre ces tueries. Parce qu’effectivement, on arrête les leaders, mais ce ne sont pas les leaders de toutes les fermes là où ils se trouvent. Ils sont organisés par groupes, ils ont des armes, des flèches mais surtout ce qui nous étonne, ils ont des armes pour militaires« , a-t-il fait savoir

Et de s’interroger: « qui est le fournisseur de ces armes? qui organise tout ça pour massacrer toute une population? On n’arrive pas à comprendre, et aussi nous sommes concernés parce que nous constatons un retard dans les interventions du pouvoir central. C’est comme si on laisse la situation pourrir et on vient intervenir après. On devait agir au lieu de subir« , a-t-il déploré

Récemment, la gouverneure de Maï-ndombe, Rita Bola avait annoncé le déploiement d’un nombre important des militaires, après un entretien lui accordé par le président de la République Félix Tshisekedi. En attendant, les morts sont comptés du côté de la population et nombreux sont ceux qui trouvent refuge dans les contrées voisines. A ce jour, ils sont plus de 15.000 à avoir traversé pour se réfugier dans la province du Kwilu.

Patrick Matanga