Les déplacés de Kwamouth à Jean-Marc Châtaigner : « Nous avons tout perdu, nous sommes devenus très pauvres et vulnérables »

Les déplacés ayant fui les atrocités dues au conflit interethnique entre Teke et Yaka, se trouvant à Bandundu-ville, chef-lieu de la province du Kwilu ont adressé un mémorandum à l’ambassadeur de l’Union européenne en République Démocratique du Congo, Jean-Marc Châtaigner en visite de travail à Bandundu.

Dans leur mémorandum, ces déplacés ont déclarés avoir été victimes de plusieurs violences, dont certains ont été égorgés et tués par machettes et autres armes blanches.

« (…) nous sommes victimes des affrontements et des violences interethniques entre Teke et Yaka qui ont débuté depuis le mois d’août dernier, où plusieurs villages sont brûlés, plus de 100 personnes tuées par machettes, battons et par balle. De ce drame et violation de nos droits, nous avons tout perdu et nous sommes devenus très pauvres et vulnérables. Nous avons perdu nos terres et fermes acquises au prix de dure labeur », ont-ils déclaré.

Face à cette situation inconforte, ces déplacés ont sollicité de l’aide afin qu’ils regagnent leurs villages d’origine.

« (…) Nous devons à présent rentrer dans nos villages d’origine. Pour ce, nous avons besoin de soutien humanitaire qui nous permettrait de reprendre la vie. Nous avons besoin des articles ménagers, de soutien psychologique pour nos enfants et des femmes en particulier, de l’aide financière qui nous permettrait de payer les tickets et de reprendre les activités subsistantes, l’appui aux médicaments pour la prise en charge humanitaire et enfin reprendre la scolarisation de nos enfants », ont-ils ajouté.

Ils ont en outre salué la présence de Jean-Marc Châtaigner, qui pour eux « témoigne l’intérêt de l’Union européenne à la situation de vulnérabilité » qu’ils traversent.

Ils sont plus de 11 000 à travers la province du Kwilu, à avoir fui les affrontements meurtriers entre Teke et Yaka au territoire de Kwamoutj, dans la province du Maï-ndombe.

Patrick Matanga