RDC: Fabrice Puela et Denis Mukwege s’accordent pour une justice transitionnelle en faveur des victimes de violences sexuelles

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Poursuivant sa ronde dans les villes de l’Est du pays, le ministre des droits humains, Fabrice Puela, est arrivé le vendredi 30 juillet dernier à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu.

Après un bref entretien avec le gouverneur Théo Ngwabje au gouvernorat, Fabrice Puela et sa délégation ont directement pris la direction de l’hôpital de Panzi, où ils ont été reçus par le prix Nobel de la paix 2018, Dr. Denis Mukwege.

Après un tête-à-tête d’une heure entre les deux personnalités, Denis Mukwege a déclaré que la RDC ne pourra pas retrouver la paix sans la justice.

« Les victimes n’ont pas besoin de cadeaux, elles ont plutôt besoin d’une réparation qui soit à la hauteur des atrocités commises contre elles (…). Nous sommes convaincus que ce pays ne pourra avoir la paix sans justice. Nous devons nous construire sur une base solide où chacun saura respecter la vie de l’autre ou le bien de l’autre », a-t-il déclaré devant l’assistance.

Denis Mukwege a promis son soutien a Fabrice Puela tant que tous deux partageront la même vision des droits humains, celle de la justice réparatrice en faveur de toute victime de violence sexuelle.

« A partir du moment où nous partageons la même vision des droits humains en République démocratique du Congo, nos voix peuvent se porter plus loin. Je crois que les droits humains ne sont pas les droits d’une tribu, ni les droits d’une personne mais plutôt les droits des humains. Nous partageons la même humanité. Je pense qu’au moment où nous partageons la même humanité, que nous défendons la même humanité, certainement nous ne pouvons qu’être derrière le ministre Puela et soutenir les actions qu’il est en train de mener. Tous ensemble, pouvons bouger les montagnes », a-t-il dit plus tard à la presse.

Prenant la parole, le ministre des humains a promis à son tour au Dr Mukwege son soutien dans sa quête de la justice transitionnelle.

« Nous sommes prêts à vous accompagner mais aussi à travers la justice transitionnelle. Nous avons longtemps négligé la victime, la justice classique mettant plus l’accent sur l’auteur (…). J’évoque à travers la justice transitionnelle ce qu’Ernest Renant a appelé le vouloir vivre collectif. On va panser les plaies de nos compatriotes victimes des atrocités et crimes », a-t-il promis au nom du gouvernement.

Hormis les collaborateurs de deux personnalités, plusieurs membres de la société civile du Sud-Kivu, ceux du bureau conjoint des Nations-Unies et quelques membres du cabinet du gouverneur Théo Ngwabije étaient présents à l’hôpital de Panzi pendant cette rencontre.

BL