RDC: « L’état de siège est devenu une sorte d’hécatombe pour les journalistes » (JED)

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Journaliste en Danger (JED) dénonce  l’indifférence des autorités nationales face à  la violence dont sont victimes les journalistes dans l’exercice de leur métier au Nord-Kivu et en Ituri, depuis l’instauration de l’état de siège.

Devant la presse le vendredi 03 septembre, Tshivis Tshivuadi, secrétaire exécutif de JED a peint un tableau sombre de l’état de siège pour les journalistes.

« L’état de siège est devenu une sorte d’hécatombe pour les journalistes surtout à l’Est du pays (…). Au moins 3 journalistes ont été tués au cours de trois dernières mois et qu’un journaliste est porté disparu depuis le mois de décembre 2020. Il avait été enlevé par les miliciens et exécuté. JED a été choqué de constater que le chef du gouvernement congolais qui a séjourné dans ces provinces n’a pas eu un seul mot de compassion ni à l’égard des journalistes qui ont été tués et de leurs familles, ni de condamnation pour les meurtres de ces journalistes« , a-t-il déclaré.

Tshivis Tshivuadi a ainsi fustigé le laxisme des autorités face à ces attaques contre les professionnels des médias.

« Dans tous les cas d’assassinats et des menaces contre les journalistes qui ont été dénoncés à grand bruit, il n’y a jamais eu la moindre enquête qui a été faite pour élucider les circonstances de ces meurtres ou décourager les personnes parfois identifiables qui mettent en péril la vie des journalistes« , a-t-il ajouté.

Pour stopper cette hémorragie, Journaliste en Danger appelle le gouvernement de la République et les instances sécuritaire dans les provinces concernées de briser le mur de silence face à ces violations de la liberté de la presse. Il invite ainsi à sévir contre les auteurs qui sont « parfois identifiables ».

Il convient de noter que depuis début 2021, JED a déjà enregistré 92 cas de violation et d’atteintes diverses au travail de journalistes. En 2020, il en avait documenté  116.

Dostin Eugène Luange